Au Canada, les transports de Laval « ouvrent » leurs données sous licence fermée…

Le projet :
STL, la société de transports en commun de la ville de Laval au Canada se lance dans un ambitieux programme de « données ouvertes ».

Le problème :
Pour pouvoir ne serait-ce que jeter un œil aux données, il est nécessaire de s’inscrire en remplissant un formulaire présentant les conditions d’utilisation à valider. Celles-ci précisent notamment :

« Aucune utilisation commerciale ou quasi commerciale des informations n’est autorisée en vertu de l’entente sans l’autorisation au préalable et par écrit de la STL.
Toute marque officielle de la STL et tout matériel protégé par des droits d’auteur ne peuvent être utilisés sans l’autorisation au préalable et par écrit de la STL. »

Ces conditions sont en totale opposition avec les principes de l’OpenData qui consistent à assurer et encourager la réutilisation, par tous, sans restriction ni limitations du type d’usages. La STL se refuse ainsi par exemple à ce que des applications mobiles payantes utilisent les horaires de leurs transports en commun.

La solution :
- Adopter une licence OpenData, c’est-à-dire sans discrimination des usages par exemple commerciaux
- Rendre les données accessibles directement à tous sans inscription préalable

La SNCF veut choisir ses utilisateurs de données

Le projet :
La SNCF souhaite se lancer dans l’Open Data et a ouvert pour cela une plateforme de dialogue avec les réutilisateurs en amont de cette initiative pour pouvoir prendre compte de leurs avis.

Le problème :
Dès la page d’accueil du projet, on peut lire :

« C’est un modèle gagnant-gagnant. SNCF envisage de mettre à la disposition des meilleurs innovateurs les données et les APIs de nature à leur inspirer des services performants pour ses clients et profitables pour eux. »

La SNCF compte-t-elle donc ne donner accès à ses données qu’à un groupe limité d’utilisateurs triés sur le volet ? Cela serait alors tout sauf des données ouvertes !

Les premiers efforts réalisés sont par ailleurs assez inquiétants : comme le Sénat, la SNCF a opté pour une licence « maison » complètement déséquilibrée pour les réutilisateurs puisque lui permettant d’en changer les conditions unilatéralement à volonté.

Les débats sur la plateforme témoignent pourtant d’une attention forte de la communauté des réutilisateurs au bon respect des principes de l’OpenData par la SNCF… Seront-ils plus écoutés à l’avenir ?

La solution :
- Opter pour une licence libre comme l’ODbL ou la LO
- Exclure toute idée de limiter l’accès aux données à des utilisateurs privilégiés

Le Sénat sous licence aux conditions évolutives…

Le projet :
Le Sénat a proposé dans le cadre des élections sénatoriales de 2011 une rubrique OpenData visant à mettre à disposition les résultats des élections.

Le problème :
Les données sont placées sous une licence maison qui présente non seulement diverses conditions peu respectueuses des principes Open Data, mais dont l’article 7 permet en plus au Sénat de modifier ces conditions et les termes de la licence unilatéralement : « Signez ce contrat, on rajoutera les détails ensuite ! »…

Surprenant venant d’une institution parlementaire de pouvoir trouver une clause juridique aussi irréaliste, et certainement pas Open Data.

Le site impose par ailleurs d’approuver les termes de la licence manuellement en cochant une case, constituant là aussi une atteinte manifeste aux critères des données libres.

La solution :
- Adopter une licence compatible Open Data comme l’ODbL ou la LO.
- Supprimer la case obligatoire à cocher pour accéder aux données

Le site Internet de Saint-Quentin en open data ?

Le projet :
Dans le cadre de son programme « open data » sur data.gouv.fr, la ville de Saint Quentin publie notamment son… site Internet.

Le problème :
Le lien de téléchargement des données renvoie directement au site Internet de la ville. Et ensuite ?… Même à considérer que les fichiers HTML d’un site web soient open data, encore faudrait-il s’assurer que les mentions légales dudit site en respectent les conditions : alors que data.gouv.fr recence ces « données » sous Licence Ouverte, le site annonce des conditions toutes autres !

Après le budget en JPG, Saint-Quentin fait preuve à nouveau d’une ingéniosité sans limites en matière de données publiques !

La solution :
- Publier le code source du site sous licence libre
- Changer de mentions légales !

Jeu de comm autour du prix des carburants

Le projet :
Éric Besson, Ministre chargé de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique annonçait le 13 juillet 2011 à l’occasion du lancement de l’appel à projets européen « open data Proxima Mobile » : « La réutilisation gratuite de la base des prix du carburant permettra de développer des services informant les automobilistes des prix dans les stations les plus proches. »

Le problème :
Le site officiel Prix Carburants a été refondu et remis en ligne recémment, mais aucune donnée n’est proposée en ligne. En revanche, les conditions de réutilisation de ces données sont toujours proposées en pied de page et renvoient toujours à l’Arrêté du 22 janvier 2009 fixant la mise à disposition payante de ces données à :
5 000 euros pour la licence de réutilisation à usage interne ou à usage non commercial
38 500 euros pour la licence de réutilisation à usage commercial

6 mois après les promesses, l’OpenData n’est donc toujours pas au programme sur ce dossier…

La solution :
- Ne pas discriminer les usages et rendre les données gratuites pour tous via un nouvel arrêté.
- Publier, archiver et historiser un export quotidien des données du site prix-carburants.gouv.fr.

 

Un concours de Microsoft sous formats propriétaires

Le projet :
Microsoft organise le concours ImagineCup censé s’inscrire dans le mouvement de l’OpenData.

Le problème :
Pour participer Microsoft impose de produire des présentations de son projet à la fois sous la forme d’un diaporama PowerPoint PPT ou PPTX et d’une vidéo WMV, des formats qui sont tous la propriété de la société Microsoft et donc exactement inverses à l’esprit de l’OpenData.

La solution :
Des présentations en PDF et des vidéos en OGV.

 

Le CNN publie ses « données » de fonctionnement

Le projet :
Le site du Conseil National du Numérique qui vient d’ouvrir annonce dans son communiqué de presse : « une rubrique « OpenData » est également disponible dans laquelle seront diffusées au fur et à mesure des données relatives à l’activité du CNNum ».

Le problème :
La page Organisation semble contenir la rubrique OpenData mais il s’agit en fait simplement d’un article avec quelques chiffres dans la page web. Il ne s’agit clairement pas de données, sans même parler de format.

Par ailleurs tous les contenus du site du CNN sont proposés selon ses mentions légales sous licence CC-BY-NC-ND, une licence non seulement inapplicable aux données mais particulièrement fermée puisque restreinte aux usages non-commerciaux et interdisant les modifications. Rien à voir avec l’open data.

La solution :
- Mettre les données sous une licence ouverte et dans un format ouvert et réutilisable
- Publier le budget et le calendrier du CNN.

Mais où sont les données SITRA Rhônes-Alpes ?

Le projet :
Sur Bercy Colloc on nous annonce que le « m-tourisme décolle grâce à l’Open Data » grâce au SITRA qui permet à 350 structures de mutualiser toutes les informations touristiques.

Le problème :
Sur le site de l’initiative SITRA on peut télécharger un fichier « .ZIP », mais il contient un seul fichier « .MSI » dont je ne sais quoi faire.

Sur ce site il est aussi question d’accéder aux données via le web, mais il faut au préalable contacter un animateur départemental pour lui exposer son projet de réutilisation dont le cahier des charges du projet.

En fait il s’agit d’un Extranet, mais pas d’un accès à des données ouvertes et libres, donc pas d’Open Data. Encore une annonce abusive.

La solution :
Rendre les données accessibles et gratuites pour tous.

Peut-être verrons nous l’Open Data dans la v2 du projet: SITRA2.

 

99,2% de données sous formats propriétaires sur data.gouv.fr

Le projet :
La mission Etalab est en charge de la plateforme nationale Open Data française data.gouv.fr. Une circulaire du Premier Ministre demandait notamment pour ce projet d’assurer la mise à disposition des données sous des formats libres ouverts et réutilisables.

Le problème :
Selon le moteur de recherche de data.gouv.fr, 99,22% des données publiées sur data.gouv.fr sont sous des formats propriétaires (formats ouverts : 2221+215+171+92+46+1+1/352415 = 0.0078) et donc pas en open data.

La solution :
Commencer par enregistrer et republier en CSV ou ODS toutes les données proposées en XLS. Même les logiciels de Microsoft savent le faire.

Le budget de Saint Quentin au format jpg…

Le projet :
La ville de Saint Quentin dans l’Aisne s’est engagée dans une démarche « open data » et publie ses données sur data.gouv.fr, notamment la répartition des investissements

Le problème :
Les investissements sont présentés en .jpg (photographie) quand l’open data consiste à fournir des données brutes en format ouvert réutilisable par les machines !

De toute évidence, Saint Quentin n’ a pas compris les principes de l’open data.

La solution :
Publier ces données en csv !